lundi 15 janvier 2018

Philosophie d'Alien






Philosophie d'Alien 1-4 janvier 2018
(1/4) 1979 : La naissance d'un monstre
Avec Raphael Bessis, psychologue clinicien, ayant une formation en philosophie et en anthropologie
(2/4) 1986 : La guerre de l'homme contre l'homme
Avec Peter Szendy, philosophe et musicologue
(3/4) 1992: Comment tuer le mal en nous ?
Avec Jean-Clet Martin, philosophe et romancier. Spécialiste de Derrida et de Deleuze, et ancient directeur de programme au Collège international de philosophie
(4/4) 1997 : une résurrection bien gore
Avec Philippe Rouyer, Critique et historien de cinéma

Pour toute une génération, la saga des films consacrés à Alien, "le huitième passager" est devenue emblématique du monde en devenir. La nature de sa monstruosité est si puissante qu'il a fini par pénétrer la pensée des philosophes dont il a marqué la jeunesse. Ce recueil s'attache ainsi à montrer l'épouvante que suscite notre rapport au réel, tel que nous l'avons domestiqué. Dans la violence de ce prédateur, nous nous percevons nous-mêmes, avec notre rage destructrice. L'alien est certes inhumain, mais il partage avec la proie que nous sommes un pouvoir d'anéantissement qui nous imite en tant qu'envahisseur de la nature. L'alien, meurtrier des dieux, nous extermine, mais laisse vivre les chats et les androïdes auxquels il est indifférent. Dans cette valorisation de l'animal et de la machine au détriment des humains, il semblerait que se dévoile une autre vie, sous les traits d'une femme. En elle, se rejouent une chance, une hybridation avec l'univers pour laisser monter comme une "nouvelle alliance", un nouvel avenir des machines associées aux hommes. Métaphysique d'Alien réunit des textes d'Elie During, Jean-Clet Martin, Raphaël Bessis, Charles H Gerbet, Laurent de Sutter, Frédéric Neyrat, Marika Moisseeff, Antoine Hatzenberger, Véronique Bergen et Peter Szendy.
Quatrième de couverture
Métaphysique d'Alien, Ed. Léo Sheer, 2014

Le siècle du moi






Adam Curtis, Le siècle du moi, Une histoire secrète du 20ème siècle, Une histoirede politique, de publicité et de psychanalyse (BBC, 2002) - nouvel trad. Le Partage

Le siècle du moi, série documentaire d'Adam Curtis - Le Partage 

Réalisée pour la BBC en 2002, la série documentaire en quatre parties d’Adam Curtis intitulée, en anglais, The Century of the Self, que l’on pourrait traduire par Le siècle du moi, expose des évènements et des personnages trop peu connus du 20ème siècle, qui ont pourtant joué un rôle crucial dans l’élaboration des mal-nommées « démocraties » modernes (d’Edward Bernays à Matthew Freud, en passant par Anna Freud et bien d’autres).

Un formidable travail de recherche dans lequel Adam Curtis révèle comment et à quel point les politiciens et les milieux d’affaires ont appris à manipuler la société de consommation de masse. Comment l’individualisme a été encouragé et utilisé par et pour les intérêts dominants (corporations et politiciens). Comment les corporations (dont une véritable industrie de la propagande qui s’appuyait sur les travaux des Freudiens), ont détourné les mouvements hippies, yippies, etc., supposément anti-conformistes, par le biais d’un narcissisme consumériste, d’un individualisme libéral tout ce qu’il y a de plus conformiste. Ou le passage d’un « changeons la société » à un « changeons-nous nous-mêmes », au « développement personnel » et autres machins pour épanouir le « moi » (machins absurdes et insensés qui n’aboutissaient pas, qui n’aboutissent toujours pas, mais qui plaisent toujours plus, en témoignent les immenses rayons dédiés au « développement personnel » à la FNAC et dans les librairies en général, et qui épanouissent surtout le compte en banque des dirigeants de l’industrie éponyme et des industriels en général).

Cependant, un bémol : cela reste un reportage de la BBC, et si Adam Curtis présente assez bien un pan trop méconnu de l’histoire de la propagande et de la manipulation de masse, il se concentre exclusivement sur cet aspect certes important mais partiel de la manière dont nous en sommes rendus dans nos fausses démocraties contemporaines, et semble lui prêter une responsabilité bien excessive. Il oublie le rôle du développement technique et technologique, les caractéristiques inhérentes à la vie dans une société industrielle urbaine de masse (sociabilité excessive, vie hors-sol dans un environnement artificiel qui altère la perception de la place de l’être humain et de sa nature, les sens, impossibilité logique d’organiser la société de manière démocratique, technologies qui altèrent le rapport au monde, etc.).

Quoi qu’il en soit, il vaut le coup d’être regardé. Nous l’avons sous-titrée



L'état d'hyper-éveil, nouveau fléau de nos nuits

L'état d'hyper-éveil, nouveau fléau de nos nuits
Par Anne-Sylvie Sprenger, le 15 janvier 2018 - Le Temps


L'insomnie ne cesse de progresser en Suisse et devient véritable problème de santé publique. Un tiers de la population éprouve des difficultés à dormir suffisamment. Et les gadgets connectés censés protéger notre sommeil n'arrangent rien...

En ce début d’année, l’insomnie est partout. A commencer par les librairies, où les promesses de renouer avec des nuits réellement reposantes jouent des coudes. Pour le seul mois de janvier, le lecteur insomniaque aura donc le choix entre parcourir Vaincre l’insomnie d’Eric Tairin, Je triomphe de l’insomnie du psychiatre Jérôme Palazzolo ou se soumettre à l’injonction du docteur Patrick Lemoine: Dormez! Le programme complet pour en finir avec l’insomnie. On retrouve également le sujet au théâtre (au 2.21 à Lausanne dans Bourbon, jusqu’au 21 janvier), dans les chroniques de l’écrivaine Marie Darrieussecq pour Le Nouvel Obs ou encore au rayon des nouvelles technologies où des gadgets de plus en plus innovants nous promettent de mieux contrôler notre sommeil.

Lire à ce propos: La technologie au secours du sommeil

L’insomnie, on la dépiste surtout dans les chambres à coucher d’un Suisse sur trois, selon l’étude HypnoLaus, menée par le Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil du CHUV entre 2009 et 2012. Et selon les docteurs José Haba-Rubio et Raphaël Heinzer dudit centre de spécialisation et auteurs de Je rêve de dormir, il ne fait aucun doute que cette épidémie est en hausse. «Nous sommes clairement face à un problème de santé publique», lâche en effet le médecin-chef Raphaël Heinzer.

Un problème de société

Mais d’où vient la prégnance de ce fléau qui ruine désormais les nuits de plus d’un tiers de la population? «L’insomnie est apparue avec l’évolution de la société», note José Haba-Rubio. L’invention de la lumière a premièrement joué un rôle déterminant. «L’accélération de la société, les pressions d’un monde productiviste et encore l’interconnexion perpétuelle rendue possible avec les nouvelles technologies ont fini de perturber nos rythmes veille-sommeil», poursuit Raphaël Heinzer. Une étude de chercheurs américains a d’ailleurs été menée dans trois tribus vivant loin de toute technologie: «Aucune d’entre elles n’avait de mot pour nommer l’insomnie, relate le José Haba-Rubio. L’insomnie n’existe pas chez eux, le sommeil y est encore un phénomène naturel.»

mardi 9 janvier 2018

La fatigue






Les Chemins de la philosophie  par Adèle Van Reeth
La fatigue 18-22 décembre 2017
(1/4) « La grande fatigue » de Friedrich Nietzsche
avec Céline Denat, maître de conférences à l’université de Reims- Champagne-Ardennes, spécialiste de philosophie allemande moderne, et membre et coordinatrice du Groupe international de Recherches sur Nietzsche
auteure de : Nietzsche - Généalogie d'une pensée, Ed. Belin, 2016 / Dictionnaire Nietzsche, Ed. Ellipes 2013
(2/4) Oblomov de Gontcharov, l’homme couché
avec Pierre Cahné, ancien professeur de langue et littérature françaises à l’Université Paris IV-Sorbonne
(3/4) Ode à la fatigue
avec Eric Fiat, professeur de philosophie morale et d’éthique médicale à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.
(4/4) Les nuits blanches de Levinas
avec Olivier Abel, Professeur de Philosophie Ethique

L’insomnie est faite de la conscience que cela ne finira jamais, c’est à dire qu’il n’a aucun moyen de se retirer de la vigilance à laquelle on est tenu. Vigilance sans aucun but. Au moment où on y est rivé, on a perdu toute notion de son point de départ ou de son point d’arrivée. Le présent, soudé au passé, est tout entier héritage de ce passé ; il ne renouvelle rien. C’est toujours le même présent ou le même passé qui dure. Un souvenir — ce serait déjà une libération à l’égard de ce passé. Ici le temps ne part de nulle part, rien ne s’éloigne ni de s’estompe. Seuls les bruits extérieurs qui peuvent marquer l’insomnie, introduisent des commencements dans cette situation sans commencement ni fin, dans cette immortalité à laquelle on ne peut pas échapper, toute semblable à l’il y a, à l’existence impersonnelle. Vigilance, sans refuge d’inconscience, sans possibilité de se retirer dans le sommeil comme dans un domaine privé. Cet exister n’est pas un en-soi, lequel est déjà la paix ; il est précisément absence de tout soi, un sans-soi. 
Emmanuel Levinas, Le temps et l'autre, p. 27




Barabara, Les insomnies (1981)


Osez questionner

MAJ de la page : En marche vers... le totalitarisme ?

Parce que la lutte contre les "fake-news" (concept flou) ne passe pas par la censure mais par une meilleure information, plus d'enquête et une diversité de point de vue.



«Osez questionner» : RT France prend l'antenne ce soir ! (11 décembre 2017)




Le numérique est politique, Faut-il une loi contre les fake news ? le 7 janvier 2018
Frédéric Martel et Zoé Sfez
Avec Séverin Naudet, Conseiller innovation et disruption au cabinet de conseil Tilder et ancien conseiller numérique du Premier Ministre et
Christian Paul, député PS de la Nièvre :

"Ce sont des lois que l'on peut mettre en face du journaliste d’investigation. Et on nous aurait dit, il y a quelques années, que le compte Cahuzac c'était une fake-news (...) et on mettrait en marche des procédures de référés, avec des moyens face auxquelles des organes de presse ne sont pas toujours capable de réagir. Il y a un risque pour la liberté d'expression, et la liberté de la presse". 

Lire aussi sur Les Crises : Le Président Jupi-Taire invente la Censure Libérale, par Jacques-Marie Bourget, le 8 janvier


Loi sur les "fake news" : "Le grand danger, c'est de donner la responsabilité à l'Etat de dire le vrai du faux"
Interview de Pascal Froissart par Margaux Duguet, le 6 janvier 2018 - FranceTV info

Dans un entretien à franceinfo, Pascal Froissart, enseignant-chercheur, spécialiste de la rumeur, revient sur la proposition d’Emmanuel Macron de légiférer contre les “fake news” en période électorale.

Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi pour lutter contre la diffusion de fausses nouvelles en période électorale, le 2 janvier 2018.
C’est une proposition qui a déjà fait couler beaucoup l’encre. Lors de ses vœux à la presse, mardi 2 janvier, Emmanuel Macron a affiché sa volonté de s’attaquer aux “fake news” en période électorale. Le gouvernement devrait présenter “probablement avant la fin de l’année” un projet de loi sur le sujet, a annoncé, vendredi 5 janvier, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
En cas de propagation d’une fausse nouvelle, cette législation permettrait, selon le président de la République, “de saisir le juge dans une action en référé, pour faire supprimer le contenu, déréférencer le site, fermer le compte utilisateur concerné, voire bloquer l’accès au site internet”. Est-ce souhaitable ? L’opposition, notamment le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et la présidente du FN, Marine Le Pen, ont immédiatement qualifié cette future loi de “liberticide”.
Qu’en est-il vraiment ? Franceinfo a interrogé Pascal Froissart, enseignant-chercheur en communication à l’université Paris VIII et spécialiste de la rumeur.

Franceinfo : Est-il possible de définir les “fake news” ?

Pascal Froissart : Eh bien non, sinon ce ne serait pas drôle ! Le problème de l’intervention d’Emmanuel Macron, c’est qu’elle donne corps à une notion qui n’a pas de définition théorique. La “fake news” est un mot-valise dans lequel on range des phénomènes pas tous identiques. C’est plus un sentiment qu’une réalité. En fait, il y a différentes sortes de “fake news”, et le spectre est vaste : cela va de la fausse info répercutée avec ou sans malice jusqu’au coup monté par une officine cachée, parfois étrangère. Il y a donc d’un côté la répercussion d’une info biaisée ou partiale et, de l’autre, de véritables attaques concertées avec des moyens et une volonté de nuire. Ce n’est tout de même pas la même chose.

Et si l’intelligence artificielle était déjà hors de contrôle ?

Et si l’intelligence artificielle était déjà hors de contrôle ?
Par Anouch Seydtaghia, le 8 janvier 2018 - Le Temps



Des scientifiques alertent: les algorithmes sont devenus si complexes que certaines machines prennent des décisions que l’humain ne parvient plus à expliquer. Les risques de dérives sont importants. Mais il n’est pas trop tard pour agir
L’IA, ce sont des algorithmes extrêmement puissants, capables de travailler avec des bases de données gigantesques pour apprendre, et prendre ensuite les décisions les plus pertinentes possible. Et si la créature échappait au créateur?

Lire à ce propos:
L’intelligence artificielle est déjà omniprésente dans nos vies
La Silicon Valley mise beaucoup sur l’intelligence artificielle
«Watson peut parcourir un dossier médical de 300 pages en une demi-seconde»

C’est l’un des cauchemars des ingénieurs de la NASA. L’un de leur rovers à six roues explore la surface de Mars en mode autonome. Soudain, le véhicule se dirige vers la droite, longe une falaise, marque un temps d’arrêt puis se jette dans le vide et s’écrase 400 mètres plus bas. A 70 millions de kilomètres de là, à Houston, les spécialistes de la NASA sont effondrés. Plus rien ne peut sauver une mission qui aura coûté plus d’un milliard de dollars. Le rover, équipé d’un système d’intelligence artificielle, a pris des décisions qu’ils ne peuvent pas expliquer.

La NASA, qui utilise l’intelligence artificielle (IA) tant pour piloter ses robots que pour analyser des millions de photos de l’espace, tente de garder le contrôle de cette technologie. Mais le défi est immense. Et de plus en plus de scientifiques et d’ingénieurs s’alarment: aujourd’hui déjà, il y a un risque que l’IA échappe à leur contrôle. Et que personne ne soit capable d’expliquer comment un système est parvenu à une décision.

«S’en préoccuper immédiatement»

«On ne parle pas forcément de robots tueurs qui se retourneraient contre les humains et les extermineraient. On parle de technologies qui sont installées dans des voitures, des smartphones ou des ordinateurs. C’est extrêmement concret et il faut s’en préoccuper immédiatement», avertit Rachid Guerraoui, directeur du Laboratoire de programmation distribuée de l’EPFL.

Aujourd’hui déjà, des systèmes d’IA détectent lorsqu’un humain tente de modifier leur comportement et font parfois tout pour rejeter cette intervention et la contourner

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