jeudi 23 février 2017

Ce que la cosmologie celte a encore à nous dire



Les Discussions du soir par Leili Anvar
Ce que la cosmologie celte a encore à nous dire (22 février 2017)
avec Patrice Lajoye : Historien des religions
A propos de son dernier livre : L'arbre du monde : la cosmologie celte, Ed. CNRS, 2016

Les Celtes forment un groupe de peuples qui, jusqu'au moment de l'expansion de l'Empire romain, couvrait plus du tiers de l'Europe. Il ne s'agissait pas d'un ensemble réellement homogène, ni du point de vue de la culture matérielle, ni du point de vue linguistique, puisque l'on en connaît diverses langues : gaulois, celtibère, lusitanien, lépontique, irlandais ancien, ligure, etc.
Mais que sait-on de leur cosmologie, de leur religion ? Encore trop peu de choses, puisqu'ils n'ont eux-mêmes que peu écrit sur leurs propres rituels, et les auteurs grecs et romains n'ont conservé de leur mythologie que quelques infimes fragments. L'ambition de ce livre est de mieux saisir leur cosmologie, en prenant comme sujet d'étude non pas un dieu ou un mythe, mais plutôt une figure mythologique particulièrement bien attestée en Europe comme autour de la Méditerranée : l'arbre du monde.
De nombreuses sources mentionnent en effet un culte rendu aux arbres (pommier, poirier, if, mélèze, frêne, hêtre, chêne, etc.). Mais quelles en sont les spécificités ? Quelle divinité hébergent-ils ? Quel pouvoir représentent-ils ? Quel rôle leur est-il conféré ? Et que peut-on en déduire sur les croyances et la théologie des Celtes ? C'est ce que cet ouvrage tâche de découvrir.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : L'Arbre du monde. La cosmologie celte
  

La matière dans tous ses états



La Méthode scientifique par Nicolas Martin
La matière dans tous ses états (22 février 2017)
Qu’est ce que la matière ? Un état de la matière ? Quels sont les états de la matière qu’on retrouve dans la nature ? Les changements d’états, les transitions entre deux états ? Existe-t-il d’autres états de la matière apparent à l’échelle nanométrique ? Quelles sont les récentes découvertes ?
avec :
Gérard Ferey : chimiste, spécialiste de la science des matériaux et professeur émérite de l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en Yvelines (UVSQ)
Antoine Georges : Directeur de recherche au CNRS, professeur de physique à l'École polytechnique, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Physique de la matière condensée

Le business du sang


Le business du sang (Suisse, France, 2016)

Aux États-Unis, où cette pratique est légale, une population appauvrie vend son sang aux grandes multinationales, qui le commercialisent en Europe. Une enquête passionnante sur une industrie en pleine croissance.

Aujourd'hui, le plasma, un composant du sang très recherché pour ses protéines, vaut plus cher que le pétrole. Utilisé par des sociétés pharmaceutiques pour fabriquer des médicaments coûteux, ce précieux liquide, indispensable aux malades, est devenu une marchandise rentable. Avec des bénéfices s'élevant à plus d'un milliard d'euros, la société suisse Octapharma est l'un des quatre acteurs principaux de ce marché florissant. Ses centres de collecte, implantés principalement aux États-Unis, où le prélèvement rémunéré, interdit en Europe, est légal, attirent les habitants des quartiers défavorisés. Pour cette population appauvrie, notamment depuis la crise de 2008, le don de sang est parfois l'unique source de revenus. L’entreprise tire profit de la situation pour revendre à prix d’or ses produits – plasma simple ou transformé – aux hôpitaux européens. Cette marchandisation du corps pourrait présenter des risques sanitaires accrus, car le don rémunéré présente un danger : il incite les donneurs à mentir sur leur état de santé et attire une population à risques. Elle pose également de sérieuses questions morales. Est-il admissible que le sang des pauvres gonfle les profits des multinationales ?

Des trottoirs de Cleveland à la Suisse, cette enquête alarmante remonte la filière complexe et cachée du plasma humain. Grâce aux témoignages de donneurs américains, les journalistes François Pilet et Marie Maurisse révèlent les failles d'un système industriel déshumanisant. En dénonçant ces pratiques douteuses, leur documentaire éclaire aussi sur les dangers d'une libéralisation progressive du secteur de la santé en Europe.
Source : Arte

mercredi 22 février 2017

L’universel féminin



Les Discussions du soir par Frédéric Worms
L'universel féminin (13 février 2017)
avec Françoise Héritier, anthropologue, ethnologue, disciple de Claude Lévi-Strauss, féministe

En premier lieu, il nous faut bien comprendre qu'être différent ne veut pas dire inégal. Le contraire de différent est semblable, même. Le contraire d'inégal est égal et non pas semblable. En voyant dans la différence la marque d'une inégalité, nous faisons faire un pas de côté à la langue sans nous interroger. Nous avons changé de registre, philosophiquement parlant, car la différence n'implique pas l'inégalité. 
Françoise Héritier, La différence des sexes, Ed. Bayard, 2010
Commande sur Amazon : La différence des sexes




Françoise Héritier, Une société sans stéréotypes de genre, est-ce possible ? souhaitable ? (2012)



Françoise Héritier, Patrick Viveret (UniversitéTerre, 2013 - Comment réenchanter le monde ?)

La langue des médias, Destruction du langage et fabrication du consentement



Ingrid Riocreux, « Les journalistes manipulent avec une parfaite bonne conscience et toujours pour la bonne cause » « s'ils sont manipulateurs c'est qu'ils sont d'abord manipulés » (OJIM, mai 2016)


A propos de son dernier livre : La langue des médias, Destruction du langage et fabrication du consentement, Ed. du Toucan, 2016

Les journalistes se présentent volontiers comme des adeptes du "décryptage". Mais est-il autorisé de "décrypter" leur discours ? En analysant de très nombreux exemples récents, ce livre montre que les journalistes ne cessent de reproduire des tournures de phrases et des termes qui impliquent en fait un jugement éthique sur les événements. Prenant pour des données objectives des opinions qui sont en réalité identifiables à des courants de pensée, ils contribuent à répandre nombre de préjugés qui sont au fondement des croyances de notre société. Si le langage du Journaliste fonctionne comme une vitre déformante à travers laquelle on nous montre le présent, il est aussi une fenêtre trompeuse ouverte sur le passé et sur l'avenir. Analyser le discours du Journaliste, c'est donc d'une certaine manière mettre au jour l'inconscient de notre société dans tout ce qu'il comporte d'irrationnel. Ce livre est conçu comme un manuel de réception intelligente à l'usage des lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs quotidiennement exposés aux médias d'information. Son ambition est de lutter à la fois contre la naïveté et la paranoïa complotiste afin de n'être plus "orientés par un discours orientant".
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : La Langue des médias : Destruction du langage et fabrication du consentement


Ingrid Riocreux : un décryptage acerbe de la presse et de son langage
Par Nicolas Vida, le février 2017 - BSCNews

Agrégée de lettres et maître de conférences à l’Université, Ingrid Riocreux a jeté un pavé dans la mare médiatique avec cet essai passionnant. Selon elle, les médias décryptent, analysent et orientent l’actualité selon un canevas idéologique. Le propos est dense, corrosif et brillant. Ingrid Riocreux nous explique plus en détails en quoi les enjeux manichéens voulus par une certaine partie de la presse ouvre un débat profond sur la démocratie et le libre arbitre.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre, Ingrid Riocreux? Y-a-t-il un événement en particulier qui a déclenché l’envie de vous exprimer sur ce sujet ?

J’ai commencé à écrire ce livre quand je donnais des cours de rhétorique à de futurs journalistes, à la Sorbonne. Comme je voulais rendre mon propos le plus concret possible, j’ai décidé de prendre des exemples dans l’actualité et je me suis aperçue qu’il existait une véritable langue des médias, une manière de parler propre aux journalistes, avec ses formules toutes faites, sa syntaxe, et ses mots porteurs d’un pré-pensé qui conditionne notre compréhension du monde. Cela dit, bien avant d’entreprendre l’écriture de ce livre, il y a bien un événement qui a représenté pour moi une prise de conscience de la puissance de conditionnement des médias. J’appartiens à ce qu’on a appelé la « génération 21 avril ». En 2002, j’étais en classe de première. A la maison, nous n’avions pas la télévision et je ne m’intéressais pas du tout à l’actualité. Or, quand Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour, j’ai vu mes camarades devenir dingues ! Ils pleuraient, ils accusaient ceux qui ne venaient pas aux manifs d’être des complices du fascisme. Comme ils savaient que je n’avais pas la télé, ils se sentaient investis d’une mission à mon égard et m’expliquaient « Le Pen, il est comme Hitler ! ». Or, déjà au collège, les copines avaient essayé de m’expliquer la guerre du Kosovo comme ça : « Tu dois comprendre que Milosevic, il est comme Hitler ! ». Le caractère systématique, abusif et abêtissant de la nazification médiatique m’est apparu à travers le discours des autres, bien avant que je me mette à suivre l’actualité. Et cela m’a vaccinée à vie !

Vous avez parlé chez nos confrères de RMC « d’un bain idéologique » dans lequel sont les journalistes. Pouvez-vous expliquer cette notion de « bain idéologique » ?

Dans lequel ils sont et dans lequel ils nous plongent ! Les médias nous rappellent en permanence ce que nous devons penser sur tel ou tel sujet. Ils fixent la ligne officielle de la pensée autorisée. Et le discours médiatique jouit d’une énorme puissance prescriptive, aussi bien sur la forme que sur le fond. Comme je le dis dans mon livre, quand on est prof, on a beaucoup de mal à faire accepter que tel ou tel mot n’existe pas, ou ne s’emploie pas de telle manière, face à des élèves soutenant que « à la télé, ils disent comme ça ». Eh bien, c’est pareil pour les idées portées par ce discours. Nous savons d’instinct ce que nous pouvons dire et ce que nous ne pouvons pas dire, ou pas dire trop fort, ou pas avec n’importe qui. Car nous avons très bien intériorisé la ligne officielle. Il y a un discours spécifique aux médias sur des sujets comme l’immigration, le climat, la condition des femmes, la pédagogie, les mœurs, etc. Et ce discours n’est pas réductible à la doctrine d’un parti. C’est le dogme auquel nous sommes appelés à communier, une espèce de garantie d’unité, même si ce n’est qu’une unité de façade maintenue par la crainte généralisée d’être considéré comme un individu divergent.

Justement, vous abordez la question à la fois passionnante et terrifiante de l’inquisition médiatique qui « traque la pensée déviante » qui s’écarte donc du politiquement correct. Comment se caractérise cette inquisition médiatique ?

Eviter l'effondrement



L'invité de la rédaction - Jean-Michel Naulot (RTS, 31 janvier 2017)




A propos de son dernier livre : Eviter l'effondrement, Ed. Seuil, 2017

À partir de son expérience de banquier et de régulateur, mais aussi de citoyen engagé, l'auteur nous explique pourquoi une crise financière beaucoup plus grave que la précédente menace d'éclater.
Une génération de responsables politiques nous a conduits à une situation véritablement explosive à force de déréglementation financière et de marche forcée vers le fédéralisme. Plus les dirigeants maintiendront ce cap, plus ils feront monter les populismes.
Quelques mesures radicales seraient pourtant de nature à corriger l'hypertrophie de la finance. En Europe, une place plus grande pourrait être faite à la souveraineté nationale. La régulation financière et le droit souverain des peuples à choisir une politique sont les seules voies susceptibles d'éviter un véritable effondrement et de revivifier la démocratie. Mais une course contre la montre est engagée.
Quatrième de couverture
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USA : dette des étudiants, la prochaine bulle ? (Arte, 2012)


Crise de la dette étudiante, la grosse bulle qui monte aux Etats-Unis
Par Frédéric Autran, le 18 septembre 2016 - Libération

Frais d’inscription élevés, taux d’intérêts démentiels… Des millions d’Américains sont plombés toute leur vie par le coût de leurs études.

Engluée dans des dettes étudiantes contractées il y a plus de deux décennies, Kristine ignore quand elle verra enfin le bout du tunnel. Mais une chose est sûre : comme des dizaines de millions d’Américains, cette designeuse numérique aura payé au prix fort son passage à l’université. Au milieu des années 90, Kristine emprunte environ 85 000 dollars pour financer un master à NYU (New York University), établissement privé et réputé au cœur de Manhattan. Les trois quarts de la somme proviennent de prêts gouvernementaux à 8 %, le reste d’emprunts privés à 9,5 %. En 1999, Kristine commence à rembourser. Mais rapidement, elle s’expatrie en France, où son niveau de salaire ne lui permet pas d’assumer ses mensualités. Les retards de paiement s’accumulent, les intérêts gonflent.

Après douze ans dans l’Hexagone et une rupture difficile avec son compagnon européen, Kristine décide de rentrer à New York. A 46 ans, elle paie aujourd’hui 536 dollars par mois (480 euros), environ 8 % de son salaire. Sur cette somme, seule une centaine d’euros sert à rembourser du capital, le reste part dans les intérêts. Au rythme actuel, Kristine aura 70 ans lorsqu’elle réglera sa dernière mensualité. Son prêt étudiant de 85 000 dollars lui aura coûté près de 310 000 dollars.

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